lundi 27 mai 2013




Jean Baudrillard : La société de consommation, ses mythes, ses structures (1970)

Quatrième de couverture :
"La société de consommation est devenue la morale de notre monde. Elle est en train de détruire les bases de l'être humain, c'est-à-dire l'équilibre que la pensée européenne, depuis les Grecs, a maintenu entre les racines mythologiques et le monde du logos.
L'auteur précise : "Comme  la société du Moyen Âge s'équilibre sur la consommation et sur le diable, ainsi la nôtre s'équilibre sur la consommation et sur sa dénonciation."

<< Le Pacte avec le Diable est [ ] depuis le haut Moyen Âge, le mythe central d'une société engagée dans le processus historique et technique de domination de la Nature, ce processus étant toujours simultanément un processus de domestication de la sexualité. L' "apprenti sorcier" occidental a constamment thématisé dans les forces du Mal, indexé sur le Diable, l'immense culpabilité liée à l'entreprise puritaine et prométhéenne de progrès, de sublimation et de travail, de rationalité et d'efficience. C'est pourquoi ce thème médiéval de resurgissement du refoulé, de hantise par le refoulé et de la vente de son âme (le "pacte") reflétant l'irruption des processus de marché dans la première société bourgeoise) s'est vu ressuscité par les romantiques dès les premiers temps de l'"Ere Industrielle". Depuis, le thème court toujours (parallèlement au miracle de la Technique) derrière le mythe de la fatalité de la technique. Il imprègne aujourd'hui encore toute notre science-fiction, et toute la mythologie quotidienne, depuis le péril de la catastrophe atomique (le suicide technique de la civilisation) jusqu'au thème mille fois orchestré du décalage fatal entre le Progrès technique et la morale sociale des hommes. >>
p. 307-308
Denoël / Folio essais


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